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Mal aux oreilles en avion : pourquoi ça arrive et comment limiter la douleur

Oreilles bouchées, douleur à la descente, enfant qui pleure en vol : comprendre le barotraumatisme de l'oreille et les gestes simples pour voyager sereinement.

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Si vos oreilles vous font mal en avion, la cause est presque toujours la même : la pression de la cabine change plus vite que votre oreille moyenne ne parvient à s'équilibrer. Le mécanisme porte un nom, le barotraumatisme de l'oreille, et il se manifeste surtout à la descente. La bonne nouvelle, c'est que quelques gestes très simples, déglutir, bâiller, boire, mâcher, suffisent dans la grande majorité des cas à limiter la douleur, chez l'adulte comme chez l'enfant.

Pourquoi les oreilles font-elles mal en avion ?

Derrière votre tympan se trouve une petite cavité remplie d'air, l'oreille moyenne. Pour que le tympan vibre correctement, la pression de cette cavité doit rester proche de la pression de l'air ambiant. L'équilibrage se fait par un conduit étroit, la trompe d'Eustache, qui relie l'oreille moyenne à l'arrière du nez et s'ouvre brièvement quand vous avalez ou bâillez.

En vol, la cabine est pressurisée, mais pas au niveau de la mer. La réglementation américaine de certification des avions de transport impose que l'altitude cabine ne dépasse pas 8 000 pieds, soit environ 2 440 mètres, en conditions normales d'exploitation (14 CFR 25.841, eCFR). Autrement dit, même confortablement assis, votre oreille vit l'équivalent d'une montée puis d'une descente en montagne, mais en beaucoup plus rapide.

Ce qui se passe au décollage

Pendant la montée, la pression extérieure baisse. L'air contenu dans l'oreille moyenne se retrouve en surpression et cherche à s'échapper vers la gorge. Comme la trompe d'Eustache se laisse plutôt bien traverser dans ce sens, l'équilibrage se fait souvent tout seul, avec ce petit « clic » caractéristique. D'où une gêne généralement modérée au décollage.

Ce qui se passe à la descente

La descente est le moment délicat. La pression extérieure remonte vite, et il faut cette fois faire entrer de l'air dans l'oreille moyenne. Or la trompe d'Eustache fonctionne moins bien dans ce sens : elle a tendance à se plaquer. Si elle ne s'ouvre pas, le tympan se creuse vers l'intérieur, s'étire, et c'est là qu'apparaissent la sensation d'oreille bouchée puis la douleur. Sur un vol court, tout se joue souvent sur les vingt à trente dernières minutes.

Qu'est-ce que le barotraumatisme de l'oreille ?

Le terme désigne l'ensemble des lésions liées à une différence de pression non compensée entre l'oreille moyenne et l'extérieur. Il concerne aussi les plongeurs et, plus rarement, les conducteurs qui franchissent un col rapidement.

Les manifestations vont du simple inconfort à des signes plus francs :

  • une sensation d'oreille pleine, comme un bouchon d'ouate ;
  • une baisse d'audition transitoire, souvent d'un seul côté ;
  • une douleur, parfois vive, qui culmine juste avant l'atterrissage ;
  • plus rarement des bourdonnements, des vertiges passagers ou un écoulement.

Dans la majorité des cas, la gêne s'estompe en quelques heures à quelques jours. Mais une douleur intense, un écoulement, un saignement ou une baisse d'audition qui ne revient pas ne relèvent pas de l'autogestion : ils justifient une consultation.

Comment limiter la douleur pendant le vol ?

L'objectif est simple : aider la trompe d'Eustache à s'ouvrir régulièrement, surtout pendant la descente. Aucun de ces gestes n'est un traitement, ce sont des mesures de confort largement diffusées par les professionnels de santé.

Les gestes qui aident à équilibrer la pression

  • Déglutir souvent. Boire de l'eau par petites gorgées, idéalement à la paille, est le moyen le plus simple de multiplier les déglutitions.
  • Bâiller volontairement, ou faire semblant de bâiller : le mouvement de la mâchoire ouvre largement la trompe d'Eustache.
  • Mâcher un chewing-gum ou sucer un bonbon dur pendant la descente.
  • Rester éveillé à l'approche de l'atterrissage. On avale beaucoup moins en dormant, et beaucoup de passagers se réveillent avec les oreilles déjà bloquées. Demander à être réveillé avant la descente est une précaution utile.
  • La manœuvre de Valsalva, qui consiste à souffler doucement nez pincé et bouche fermée, peut aider certains voyageurs. Elle se pratique avec beaucoup de délicatesse, jamais en forçant, et elle n'est pas adaptée à tout le monde : en cas de rhume, de douleur ou d'antécédent ORL, demandez d'abord l'avis d'un professionnel de santé.

Ce qui se prépare avant le départ

Un nez encombré complique tout, car la muqueuse gonflée empêche la trompe d'Eustache de s'ouvrir. Si vous partez avec un rhume ou en pleine saison de pollens, l'hydratation, l'air de la cabine étant très sec, et une bonne hygiène nasale rendent souvent le vol plus confortable. En revanche, aucun spray, décongestionnant ou médicament ne doit être pris « au cas où » sans l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien, en particulier chez l'enfant.

Il existe aussi des bouchons d'oreille dits régulateurs de pression, vendus en pharmacie, qui ralentissent les variations de pression dans le conduit. Leur intérêt varie d'une personne à l'autre ; ils ne dispensent ni des gestes de déglutition, ni d'un avis médical en cas d'antécédents.

Et chez l'enfant, pourquoi est-ce plus difficile ?

Chez le jeune enfant, la trompe d'Eustache est plus courte, plus étroite et plus horizontale que chez l'adulte. Elle s'ouvre donc moins efficacement, et les rhumes à répétition entretiennent une inflammation qui n'arrange rien. C'est pour cette raison que les pleurs en fin de vol sont si fréquents dans les avions, sans que cela traduise pour autant un problème grave.

Ce qui aide concrètement :

  • Nourrisson : proposer le sein, un biberon ou une tétine pendant la descente. La succion et la déglutition font le travail à sa place.
  • Enfant de 2 à 6 ans : une gourde avec paille, une compote à boire, un bonbon adapté à son âge, ou un jeu de grimaces qui le fait bâiller et ouvrir grand la bouche.
  • Enfant plus grand : le chewing-gum et l'explication du mécanisme, car un enfant qui comprend ce qui se passe panique beaucoup moins.
  • Ne pas le laisser dormir toute la descente, quitte à le réveiller doucement vingt minutes avant l'atterrissage.

Un point de vigilance : si votre enfant a une otite en cours, des douleurs d'oreille, des drains transtympaniques ou une chirurgie ORL récente, parlez-en à son médecin avant le départ. Cette décision lui appartient, pas à un article de blog.

Oreille encore bouchée après l'atterrissage : que faire ?

Il est courant de garder une oreille « sourde » quelques heures après un vol, le temps que la pression se rééquilibre. Les mêmes gestes, déglutir, bâiller, boire chaud, restent utiles au sol. Si la sensation traîne plusieurs jours, ce n'est pas forcément la pression qui est en cause : un excès de cérumen peut s'y ajouter et entretenir l'impression d'oreille pleine. Selon la recommandation de bonne pratique de l'American Academy of Otolaryngology–Head and Neck Surgery (AAO-HNS, 2017), le bouchon de cérumen concerne environ 1 adulte sur 20, et davantage encore chez les porteurs d'aides auditives ou d'écouteurs intra-auriculaires.

Dans ce cas précis, et uniquement en dehors de toute douleur, la solution passe par une hygiène douce du conduit, jamais par un coton-tige, qui tasse le cérumen vers le tympan. Une irrigation à l'eau tiède est l'une des méthodes d'entretien possibles chez l'adulte : c'est le principe du Nettoyeur d'Oreilles Pro, un jet d'eau tiède pulsé avec quatre modes d'intensité et des embouts en silicone souple. Soyons clairs sur ce qu'un tel appareil fait et ne fait pas : il aide à évacuer un excès de cérumen à l'entrée du conduit, il n'agit en rien sur la pression ni sur la trompe d'Eustache, et il ne doit pas être utilisé en cas de douleur, d'otite, de tympan perforé ou d'antécédents ORL sans avis médical préalable.

Quand consulter un médecin ou un ORL ?

Certaines situations ne se règlent pas avec un chewing-gum. Consultez si, après un vol, vous constatez :

  • une douleur qui persiste au-delà de quelques heures ou qui s'intensifie ;
  • une baisse d'audition qui ne revient pas en un à deux jours ;
  • un écoulement ou un saignement de l'oreille ;
  • des vertiges marqués ou des acouphènes qui s'installent ;
  • de la fièvre ou des signes d'otite, en particulier chez l'enfant.

Ces signes doivent aussi faire consulter avant un nouveau vol. Une audition qui se dégrade ne doit jamais être banalisée : l'Organisation mondiale de la santé rappelle que plus de 1,5 milliard de personnes vivent aujourd'hui avec une perte auditive et que 430 millions d'entre elles nécessitent une prise en charge (OMS, Surdité et déficience auditive). Beaucoup de ces situations se repèrent d'autant mieux qu'on consulte tôt.

L'essentiel à retenir

Le mal d'oreille en avion n'a rien de mystérieux : c'est une histoire de pression et d'un petit conduit qui a du mal à s'ouvrir au mauvais moment. Déglutir, bâiller, boire, rester éveillé à la descente, et aider les plus jeunes à téter ou à boire : ces gestes suffisent le plus souvent. Préparez le vol si vous êtes enrhumé, ne forcez jamais sur une manœuvre qui fait mal, et prenez l'avis d'un professionnel de santé avant de voler avec une otite ou des antécédents ORL.


Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de douleur, d'écoulement, de baisse d'audition ou d'antécédents ORL, consultez un professionnel de santé.

Questions fréquentes

Parce que la trompe d'Eustache s'ouvre plus facilement dans un sens que dans l'autre. À la montée, l'air en surpression dans l'oreille moyenne s'échappe presque tout seul vers la gorge. À la descente, la pression extérieure augmente et il faut au contraire faire entrer de l'air dans l'oreille, ce qui demande un geste actif comme déglutir ou bâiller. C'est pour cela que la gêne se concentre sur les vingt à trente dernières minutes du vol.

Avec un simple rhume, le vol reste possible mais souvent plus inconfortable, car la muqueuse gonflée gêne l'ouverture de la trompe d'Eustache. En cas d'otite en cours, de douleur d'oreille, de tympan perforé ou de chirurgie ORL récente, la question se pose autrement et se règle avec un médecin avant le départ. Lui seul peut évaluer votre situation et vous dire si le vol est envisageable, et à quelles conditions.

Proposez-lui de téter, de boire au biberon, à la paille ou de sucer une tétine : la déglutition répétée aide à équilibrer la pression. Un enfant plus grand peut boire, mâcher un chewing-gum ou bâiller volontairement. Évitez de le laisser dormir pendant toute la descente, car on déglutit moins en dormant. Si la douleur persiste après l'atterrissage ou s'accompagne d'un écoulement, consultez un médecin.

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